Publiée le par Yves Michel
Frédéric Pérez, un nom à jamais gravé dans le bronze du handball toulousain. Des Spacers de Toulouse à l'époque, au Lycée Raymond-Naves en passant par le Fénix. A presque 64 ans, l'homme prendra sa retraite en juillet prochain. Ce vendredi, les joueurs de la section lui ont offert en UNSS, un nouveau podium.

"Pérez"... c'est le prof d'EPS que tous les élèves qui fréquentent un établissement secondaire ou supérieur rêvent d'avoir au moins une année dans leur parcours scolaire. C'est ce genre de mec qui te donne goût à l'effort, au dépassement de soi, à la notion de partage et de solidarité.
La scène se déroule dans le vestiaire du gymnase Georges Busnel de Montpellier. A l'occasion de la dernière phase qualificative, entre l'académie de Toulouse et celle de Montpellier. Raymond Naves vient sans gloire de sortir du piège tendu par Carcassonne (Jules Fil) et s'apprête à affronter le lycée Mermoz de Montpellier. Une sacrée équipe dont les joueurs sont tous issus de l'Académie du MHB. Dans le huis clos des quatre murs, le capitaine de la section Mattéo Anduze tente de remonter le moral quel que peu entamé de sa troupe et surtout appuie sur des leviers mobilisateurs. "C'est pour la majorité d'entre nous, notre dernière année en Terminale et donc à Naves, on doit se battre pour nous mais aussi pour Fred qui prend sa retraite à la fin. Sans lui, on ne serait pas arrivé à ce niveau, on n'aurait même pas vécu l'expérience au Bahrein." Les Toulousains battront (non sans mal) Montpellier et se qualifieront pour les finalités à Tournefeuille.
Frédéric Pérez est un bonbon que d'aucuns ont rangé dans la catégorie "ours mal léché". Une boule d'émotions par moments, difficilement canalisables. Combien de fois n'a-t-il pas ralé sur un horaire de match mal programmé, une table de marque un peu trop distraite, un arbitrage un peu trop orienté en faveur de l'adversaire ? Il n'est pas homme à garder sa langue dans la poche ou tendre la 2ème joue alors que la 1ère vient d'être à peine effleurée. La seule cause qui importe à ses yeux, c'est l'intégrité et la réputation de ses joueurs. Sans pour autant, leur signer un chèque en blanc ou se laisser abuser. Chez lui, la notion de groupe passe avant tout autre valeur. Tu t'écartes du groupe, tu n'as plus rien à y faire. En revanche, l'homme est prêt à défendre toutes les causes qui lui paraissent les plus nobles. Et à ce moment-là, l'affectif peut influencer la décision.
Lorsqu'en septembre, il retrouve Mathis Jean (photo ci-dessus), c'est plutôt l'aspect psychologique qu'il doit mettre en avant. L'ailier vient d'être écarté du Pôle Espoirs de Raymond Naves et comble de malchance, vient d'être victime d'une rupture des croisés. De quoi voir le doute t'envahir au point de te demander si le handball va t'accompagner encore longtemps. Le Balmanais ne s'est pas découragé. Comme un forçat, il a travaillé dans son coin, a refait ses gammes au sein de son club et a renoué avec le vieux gymnase de Naves et sa surface gondolée, là où s'entraîne la section. Les encouragements et l'expertise de Fred Pérez ont fait le reste.
Mathis Jean a rendu au centuple à son coach, la confiance qu'il avait mise en lui. Concrétisation ce vendredi, à deux secondes du terme règlementaire de la petite finale face à Valence. Naves et les Drômois sont à égalité et les Toulousains ont l'opportunité de passer devant en héritant d'un 7 mètres. "Cela n'a pas fait un pli, raconte Fred Pérez. Un mec y est allé, sans se poser de questions, en faisant fi de la pression qui pouvait exister à ce moment-là. Mathis a montré qu'il avait les "corones" pour le faire." Et le cobra a mordu. Humilié même le très bon gardien de Valence qui figurait parmi les plus grandes tailles de la compétition. Le tir ? Tout en finesse, un lob parfaitement dosé. Et douze gars totalement possédés qui courent dans tous les sens pour célébrer leur victoire (19-18) et la médaille de bronze qui va avec !
Le bronze ? Tiens un autre clin d'oeil pour l'ami Pérez. 8 août 1992... Palau San Jordi sur les hauteurs de Montjuic à Barcelone, des mecs venus de nulle part, décrochent le même métal aux Jeux Olympiques face à l'Islande. Dans la bande et en fin de carrière internationale, un certain Frédéric Pérez. Quasiment 33 ans plus tard, c'est le bronze qui ponctue une nouvelle aventure. Mais pour la dernière fois avant de prendre sa retraite professionnelle. Et l'essentiel est de l'avoir fait avec "ses" minots.
Merci Señor Pérez !
Classement du Champ. de F. UNSS Lycée Excellence Garçons
1 - Lycée E. Zola - Aix en Provence
2 - Lycée C. Bernard - Paris
3 - Lycée R. Naves - Toulouse
4 - Lycée A.Laffemas - Valence
5 - Lycée J. Mermoz - Montpellier
6 - Lycée Chevrollier - Angers
7 - Lycée J. Bart - Dunkerque
8 - Lycée F. Arago - Reims